Frais de succession au décès de l’usufruitier : tout ce qu’il faut savoir

Par Damien Royer

Publié le 19/01/2026

Frais de succession au décès de l'usufruitier : tout ce qu'il faut savoir

Quand l’usufruitier disparaît, une question revient aussitôt : combien va coûter la transmission concrète des biens aux nus-propriétaires et aux héritiers ? Comprendre les mécanismes évite les mauvaises surprises et permet de décider rapidement. Ce guide détaille les règles, les calculs et les bons réflexes pour alléger les frais de succession au décès de l’usufruitier, avec des exemples chiffrés et des conseils d’experts. L’objectif est simple : sécuriser vos démarches et payer le juste montant, au bon moment.

💡 À retenir

  • Environ 20% des successions en France impliquent un démembrement de propriété.
  • Les frais de succession peuvent varier considérablement selon la valeur du patrimoine.
  • Des exonérations fiscales existent pour certains héritiers, comme le conjoint survivant.

Comprendre l’usufruit et la nue-propriété

Le démembrement de propriété sépare deux droits distincts sur un même bien, souvent pour protéger un conjoint ou transmettre progressivement. Dans la pratique, il est fréquent sur les biens immobiliers et les portefeuilles financiers. Dans environ un cas sur cinq, une succession française comporte au moins un bien démembré.

Ce mécanisme est clé pour anticiper les frais de succession au décès de l’usufruitier. Mieux on en comprend les règles, plus on sait quelles charges supporter et quand les régler.

Qu’est-ce que l’usufruit ?

L’usufruit donne le droit d’utiliser le bien et d’en percevoir les revenus. L’usufruitier peut habiter un logement, le louer et encaisser les loyers. Il doit assurer l’entretien courant, payer les charges et dépenses de gestion usuelles, ainsi que les impôts d’occupation liés au bien pendant la durée de l’usufruit.

Points pratiques à retenir :

  • Droit d’usage et de revenus, sans possibilité de vendre le bien sans accord du nu-propriétaire.
  • Charges d’entretien et taxe foncière à sa charge, sauf gros travaux qui relèvent souvent du nu-propriétaire.
  • Cas particuliers sur la trésorerie avec le quasi-usufruit (les sommes peuvent être utilisées librement contre une dette de restitution).

Le rôle de la nue-propriété

Le nu-propriétaire détient la valeur patrimoniale et la décision de vendre, mais ne perçoit ni revenus ni usage pendant l’usufruit. Au décès de l’usufruitier, la pleine propriété se reconstitue automatiquement entre ses mains, en principe sans droits supplémentaires à payer.

Exemple courant : un parent donne la nue-propriété de sa maison à ses enfants et conserve l’usufruit. Les enfants paient des droits à la donation sur la valeur de la nue-propriété calculée selon l’âge du donateur. Au décès du parent usufruitier, ils récupèrent la pleine propriété sans taxation additionnelle sur ce bien, uniquement des formalités à accomplir.

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Les frais de succession : définition et calcul

Les frais de succession : définition et calcul

Les frais de succession regroupent les droits de succession dus par les héritiers du défunt, les émoluments et débours du notaire, ainsi que des frais d’enregistrement et de publicité foncière pour mettre à jour les titres. Selon la valeur et la complexité du patrimoine, l’enveloppe varie fortement.

Au moment où l’usufruit s’éteint par décès, le nu-propriétaire récupère la pleine propriété. En principe, il n’y a pas de droits de mutation spécifiques à payer sur cette réunion des droits. Cela réduit souvent les frais de succession au décès de l’usufruitier à des coûts de formalités et d’acte notarié.

Qui paie les frais de succession ?

Les héritiers de l’usufruitier paient les droits sur le patrimoine qui lui appartenait encore au jour du décès : comptes bancaires, titres, biens propres, meubles, etc. L’usufruit n’a plus de valeur taxable puisqu’il s’éteint. En parallèle, le nu-propriétaire financera généralement les formalités de publication qui constatent la reconstitution de la pleine propriété sur les biens démembrés.

Pour un bien immobilier, attendez-vous à une attestation de propriété et à des frais de publicité foncière. Selon la complexité du dossier et la région, le budget se situe souvent autour de 400 à 1 200 €, voire davantage si des actes supplémentaires sont nécessaires (purges d’hypothèques, recherches, régularisations). Ce poste pèse dans les frais de succession au décès de l’usufruitier quand le patrimoine comporte des immeubles.

Conseil de notaire: « Au décès de l’usufruitier, on pense d’abord aux droits. En pratique, le plus urgent est la mise à jour des titres et la vérification des dettes éventuelles liées à un quasi-usufruit, car elles peuvent alléger la fiscalité de la succession. »

Calcul des droits de succession

La fiscalité dépend de l’origine du démembrement et de l’âge de l’usufruitier au jour de la donation ou de la succession qui a créé l’usufruit. L’administration applique un barème d’évaluation : plus l’usufruitier est jeune, plus l’usufruit est valorisé et la nue-propriété minorée. Les héritiers bénéficient d’abattements, par exemple abattement de 100 000 € par parent et par enfant en ligne directe, et exonération du conjoint survivant.

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Exemple 1 Donation avec réserve d’usufruit: un appartement vaut 400 000 €. Parent donateur âgé de 68 ans. Le barème donne une valeur de nue-propriété de 60 %, soit 240 000 €. Pour deux enfants, chacun reçoit 120 000 €. Après abattement de 100 000 €, la base taxable est de 20 000 € par enfant. Les droits s’élèvent à environ 2 200 € chacun selon le barème en vigueur. Au décès du parent usufruitier, pas de droits supplémentaires sur ce bien, seulement les formalités.

Exemple 2 Usufruit du conjoint via succession: patrimoine de 600 000 €. Le conjoint survivant (75 ans) choisit l’usufruit et les deux enfants reçoivent la nue-propriété. La nue-propriété vaut 70 % à cet âge, soit 420 000 € au total, 210 000 € par enfant. Après abattement de 100 000 €, base taxable 110 000 € chacun, pour des droits d’environ 20 200 € par enfant. Le conjoint est exonéré. À son décès, la pleine propriété revient aux enfants sans droits additionnels sur ce bien.

Exemple 3 Quasi-usufruit sur des liquidités: un premier parent décède en laissant 200 000 € sur des comptes. Le conjoint survivant reçoit un usufruit sur ces sommes, convertible en quasi-usufruit. Il peut les utiliser librement, mais les enfants (nus-propriétaires) détiennent une créance de restitution de 200 000 € contre la succession du conjoint. Si, au second décès, le patrimoine brut du conjoint est de 300 000 €, la créance le ramène à 100 000 € taxable, ce qui réduit sensiblement les droits dus.

Pensez au délai de déclaration: en métropole, la déclaration de succession est à déposer dans les 6 mois du décès. Ce calendrier conditionne l’organisation des paiements et la stratégie pour optimiser les frais de succession au décès de l’usufruitier.

Comment gérer les frais de succession au décès de l’usufruitier

La gestion efficace commence par un diagnostic précis: d’où vient le démembrement, quels biens sont concernés, y a-t-il un quasi-usufruit sur des sommes, des titres, des contrats de capitalisation, des biens immobiliers ? Ensuite, on organise les formalités et on cale le financement des frais pour éviter les pénalités de retard.

L’objectif est double: sécuriser la pleine propriété chez les nus-propriétaires et optimiser la fiscalité de la succession de l’usufruitier. Une bonne coordination entre héritiers, nus-propriétaires et notaire limite les coûts et accélère le règlement.

Damien Royer

Je m'appelle Damien Royer et je suis passionné par l'accompagnement vers la vie active. À travers mon blog, je partage des conseils pratiques et des ressources pour aider chacun à réussir cette transition essentielle. Ensemble, construisons votre avenir professionnel !

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